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Le ver de terre, futur sauveur de l'humanité ? par Olivier Cabanel extrait de www.naturavox.fr
Le lombric, appelé vulgairement « ver de terre », a-t-il la capacité de sauver malgré elle l’humanité en marche vers une imaginable catastrophe?
Les vers de terre ont mauvaise presse, à tel point qu’ils sont même utilisés en guise d’injure. Pourtant, eux qui sont souvent mis plus bas que terre, c’est le cas de le dire, ont deux particularités :
La première est d’être l’espèce animale la plus importante de cette planète, à tel point que si l’on pouvait mettre tous les animaux vivants de notre terre, humains compris, sur le plateau virtuel d’une balance, tous les vers de terre mis sur l’autre plateau, pèseraient plus lourd que toutes les autres espèces rassemblées.
Car ils sont nombreux, les lombrics : à l’hectare, on en dénombre de 1 à 2 millions, ce qui représente un poids de 1 à 5 tonnes par hectare, soit pour la France entre 100 et 200 millions de tonnes.
L’autre particularité est que le lombric a la faculté de se nourrir des plantes en décomposition et de les transformer en compost : en traversant le tube digestif du lombric, la matière organique du lombric s’enrichit d’une flore microbienne, très active qui favorise la fabrication des phytonomes indispensables à la croissance des plantes.
Au moment où la couche fertile de la terre se réduit en peau de chagrin à force de traitements, de disparitions de haies, ceci amenant le lessivage des sols, avec comme grave conséquence la disparition de l’humus, il faudrait peut-être avoir un peu plus de considération pour les lombrics.
Les agriculteurs doivent compenser cette avance de la stérilité des sols à grands coups d’engrais chimiques dont nous connaissons aujourd’hui les défauts : les nitrates se retrouvent dans les nappes phréatiques, et par la suite dans nos verres, avec de graves conséquences : les nitrates se transforment en nitrites au contact de nos sucs digestifs, et empêchent notre sang de se renouveler normalement.
Et puis les vers de terre pourraient aussi peut-être nous éviter des inondations, ou du moins en atténuer les effets. Comme chacun sait, ils creusent interminablement des galeries, et nombre de scientifiques pensent que de nombreuses inondations auraient pu être évitées, si on n'avait pas détruit par endroit les vers de terre : en effet, ils pensent que leurs galeries peuvent absorber en partie les crues des fleuves, créant des zones tampon, effet d’éponge. Par leur travail incessant, les lombrics labourent la terre en tout sens, faisant même remonter à la surface des objets que l’on croyait enfouis à tout jamais, faisant souvent le bonheur des archéologues.
Les bienfaits apportés par les vers de terre n’ont pas échappés à quelques chercheurs, et aujourd’hui on peut même acquérir un digesteur de déchets dans nos appartements.
Cet appareil consiste à mettre les déchets ménagers dans un containeur spécial, « ensemencé » de vers de terre, lesquels vont digérer ces déchets et produire un compost de très bonne qualité, sans dégager la moindre odeur malsaine, mais plutôt un bon parfum de sous bois.
Alors, allez les vers !...........
A lire : Les jardiniers de l’ombre, vers de terre et autres artisans de la fertilité, édition Terre Vivante, de Blaise Leclerc
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