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Jardinnaturel.com Actualités de l'asso Point de vue d'un agriculteur sur la Biodynamie
Point de vue d'un agriculteur sur la Biodynamie PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 26 Septembre 2007 10:30

Rencontre avec Bernard RONOT, agriculteur céréalier en Côte d'Or, ancien productiviste reconverti à la biodynamie

Extrait de Terre et Humanisme, N°56

 

 

Après avoir été formé pendant 2 ans à l'agriculture chimique, j'ai commencé à travailler sur la ferme familiale à 16 ans. À cette époque, on travaillait avec les chevaux. Puis, le tracteur arrive … Quel enthousiasme ! Imaginez, malgré le bruit, être assis, se retourner et voir la terre se labourer sans peine !

Le cercle infernal de la chimie
Avec la mécanisation, les premiers techniciens nous font découvrir l’azote. Rappelons que les nitrates ont servi à faire des explosifs pendant la guerre de 14. L’armistice signé, les pays européens se sont bien demandés ce qu’ils allaient faire des stocks d’azote et il a été décidé de les mettre au service de l’agriculture. Dès l’instant qu’on a répandu les ammonitrates, on a doublé les rendements mais on a carencé tout de suite le sol. Quand un sol est carencé, il se soigne lui-même par les plantes. Une graminée, le vulpin, concurrençait le blé et la chimie nous a aussitôt proposé un désherbant. Ensuite, la plante n’ayant plus son auto-défense parce qu’elle était en sous-alimentation par rapport aux minéraux, le champignon apparaissait. C’est le premier facteur de décomposition du végétal, et comme on ne maîtrisait plus les champignons, on nous a proposé les fongicides. En dernier lieu, le règne animal venait pour aider la plante à sortir du vivant ; elle faisait comme un appel à la nature en disant « viens ! je n’en peux plus, ils m’en font tellement voir avec leurs ammonitrates, leurs fongicides, leurs désherbants » et c’est là que l’insecte envahissait les cultures. On y mettait alors un insecticide. Voilà tout le processus qu’a entraîné l’ammonitrate. Maintenant, on retrouve même des pesticides dans notre verre et notre assiette !

Générer l’énergie alimentaire
Un jour, un ami me dit : « Oh toi, tu n’aurais pas dû faire un paysan, tu aurais pu faire autre chose ». C’est ce que je pensais mais pour faire quoi ? « Ecoute, tu devrais te pencher sur ton thème astrologique ».
J’ai donc été en cours d’astrologie pendant deux ans et je découvre dans mon thème un grand cardinal : la cardinalité en astrologie humaniste est génératrice d’énergie. Je comprends alors que dans mon métier, je génère une énergie : l’énergie alimentaire de l’Homme ! Alors là … je n’avais jamais pensé que dans mon métier, c’était ce que je faisais. J’étais un paysan, je livrais le lait à la coop, on me donnait en échange mon argent. C’était tout, je travaillais comme ça. C’est là que j’ai compris que j’étais là avec la terre pour nourrir les humains. Mais quelle énergie alimentaire donnes-tu à l’homme ? Ah là là… Quelle descente ! Je ne me suis plus senti bien du tout.

La découverte de la biodynamie
Je vais voir l’astrologue et lui dis : « il y a quelque chose qui ne va plus pour moi, j’ai envie de faire de l’agriculture bio. » « Ecoute, va voir les gars du Morvan, ils travaillent avec Steiner. » Je n’avais jamais entendu parler de Steiner, je ne savais même pas si c’était un homme. J’ai trouvé un stage de quelques jours de biodynamie dans le Cher. Pendant le stage, c’était ça : la vie de la terre, la vie de la plante, la vie des animaux, la vie des hommes.
De tout mon savoir-faire appris, à 55 ans, il ne restait rien. Quand on a tout perdu comme ça, c’est là qu’il se passe quelque chose qu’on ne peut pas expliquer, l’intuition … Alors que tout était flou dans ma tête, tout devient clair : premièrement, reconvertir la ferme, deuxièmement la rendre viable. Sinon, c’était un non-sens.

Un tel changement de situation n’a pas été sans difficulté. Il nous a fallu apprendre, avec ma femme, à travailler en biodynamie, faire des stages, lire et passer à l’action ! Nous avons ensuite dû nous familiariser avec la commercialisation de nos récoltes, le marché n’était pas organisé. Pendant 18 mois aucune vente. Puis tout d’un coup, j’ai rencontré un meunier boulanger belge acheteur de blé. C’était le début de la commercialisation.

Six ans après la reconversion, on venait de sortir notre premier bilan positif. Et notre fils qui me dit qu’il aimerait revenir. Quelle surprise ! vraiment inattendue alors que nous commencions à nous fatiguer. Quand on lâche prise, c’est là que les choses arrivent. Notre fils a fait sa formation et a repris la ferme.

 

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Mise à jour le Samedi, 29 Septembre 2007 19:24
 
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